Vademecum Entrepreneur 2017
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Les thématiques porteuses de croissance



A réserver aux investisseurs dits dynamiques, les fonds thématiques et sectoriels s’appuient sur des tendances structurelles de long terme. Parfois très spécialisées, ces stratégies nécessitent d’être investies sur le long terme afin de tirer parti du travail de stock-picking

réalisé par les équipes de gestion.



Parfois qualifiés de concepts purement marketing (cf. encadrés), les fonds d’investissement restent des stratégies fondées sur des thématiques de croissance structurelle à long terme ou des secteurs dynamiques. Ces solutions d’investissement trouvent leur essence dans des mouvements de fonds de l’évolution du monde et/ou des progrès techniques.
Plusieurs fonds reposent ainsi sur des phénomènes démographiques, sociaux, environnementaux ou technologiques qui parlent à chacun d’entre nous. Parmi ceux-ci, nous trouvons la raréfaction de l’eau, la nécessité de réaliser une transition vers le développement durable, l’élévation du niveau de vie dans les pays émergents, le vieillissement de la population, aussi bien dans les pays développés qu’émergents, le Big Data ou encore l’intelligence artificielle. Parfois, ces fonds s’appuient sur une thématique incluant plusieurs secteurs, ce qui leur confère une plus grande diversification, tandis que d’autres s’intéressent uniquement à un domaine d’activité précis, comme la santé, ou un pan d’un domaine d’activité, comme la biotechnologie. Voici quelques exemples de solutions d’investissement actuellement proposées.
 
Cette eau si indispensable
L’eau devient un véritable enjeu du futur : nous faisons face à une raréfaction de cette ressource naturelle, avec une demande qui progresse dans le monde entier, notamment dans les pays émergents en raison de leur croissance démographique et de l’augmentation du niveau de vie « J’ai coutume de prendre cet exemple : pour produire un kilo de viande rouge, il faut 15 000 litres d’eau », note Béatrice Verger, responsable du développement ISR au sein de BNP Paribas IP.
Parallèlement, les pays développés font face à l’obsolescence de leurs réseaux qui ont plus de cent à cent cinquante ans. « Permettre l’accès à l’eau potable est un enjeu sur les dix, vingt, cinquante années à venir. Nous cherchons à identifier les meilleures sociétés qui y contribuent », assure Béatrice Verger.
Au sein du fonds, BNP Paribas Aqua, dont la gestion est déléguée à Impax (société anglaise spécialisée sur les fonds environnementaux avec qui BNP Paribas IP collabore depuis 2006), trois secteurs sont ciblés : les réseaux de distribution, le traitement de l’eau et les services aux collectivités.
Les sociétés pouvant intégrer le fonds doivent réaliser au moins 20 % de leur chiffre d’affaires sur l’un de ces secteurs (entre 50 et 60 % en réalité dans le fonds). Au total, l’univers éligible se limite à trois cents valeurs. Une analyse ESG est également pratiquée, le fonds étant labellisé ISR. Le portefeuille est constitué d’une cinquantaine de titres. Le premier secteur représenté actuellement est la construction/rénovation des réseaux, qui joue pour plus de la moitié de l’actif, les deux autres représentant environ 20 % chacun. Sur le plan géographique, le marché américain domine (près de 60 % du portefeuille). « Nous avons une approche de long terme dans notre sélection de titres », précise Béatrice Verger.
Sur la thématique de l’eau, notons que Pictet AM propose le fonds Pictet Water bien connu sur le marché des indépendants du patrimoine.

La santé, un enjeu mondial
Secteur en croissance en raison du vieillissement de la population au niveau mondial et l’accroissement du niveau de vie dans les pays émergents, le marché des produits dédiés à l’univers de la santé est peuplé de nombreux fonds.
Parmi eux se trouve Trecento Santé qui vient de franchir les 50 millions d’euros d’encours. « Il s’agit d’une solution différenciante sur le marché, car il adopte une stratégie de long terme et défensive, analyse Alice Lhabouz, président de Trecento AM. En effet, nous nous appuyons sur les quatre grands secteurs de ce marché : les laboratoires, le matériel médical, les services et les biotechs. Cette diversité des secteurs est couplée à une forte diversification puisque chaque valeur ne peut représenter plus de 4 % du portefeuille. Surtout, nous n’investissons que sur des sociétés rentables, y compris dans le domaine des biotechs. »
Le fonds dispose également d’une certaine flexibilité, puisque sa poche actions peut être réduite jusqu’à 60 %. Actuellement, il est principalement investi dans le domaine des laboratoires pharmaceutiques (31 %) et le matériel médical (27 %), devant les services
(18,5 %) et les biotechs (9,7 %), le tout sur des large caps uniquement, car très liquides. « Nous préférons miser sur les consolideurs du marché. En effet, ces derniers ont su faire évoluer leurs business models après l’arrivée des génériques en s’orientant sur leur savoir-faire : l’accès au marché des nouveaux médicaments. »
Notons également que pour réaliser sa sélection de valeurs, la société s’appuie sur un comité d’experts, des chefs d’entreprise du secteur et des praticiens. Si la santé a souffert ces derniers temps, Alice Lhabouz se veut confiante : « le marché a connu un momentum négatif en raison des élections américaines qui font peser un risque sur la liberté de fixation des prix, notamment en cas d’élection d’Hillary Clinton. Nous sommes convaincus que passé ce rendez-vous électoral outre-Atlantique, les choses vont revenir dans l’ordre, car le congrès qui considère le secteur comme tous les autres est Républicain, que le lobbying des laboratoires pharmaceutique est très puissant et enfin que l’encadrement des prix serait nuisible au secteur, car les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain. »
Parmi les autres fonds dédiés à la santé, nous trouvons Pictet Health, Axa WF Framlington Health, JPM Global Healthcare ou encore EdR Fund Global Healthcare, par exemple.
 
Les biotechs : un univers risqué, mais source de belles plus-values
Plus spécifiquement dans le domaine de la santé, on dénombre également un grand nombre de fonds dédiés à l’univers des biotechnologies. Parmi eux, le fonds Pluvalca Biotech a un positionnement spécifique. Créée en 1997 et reprise en 2009 par Sébastien Lalevée et Jean-Baptiste Delabare, ses dirigeants actuels, Financière Arbevel (1,039 milliard d’euros d’encours sous gestion à fin septembre 2016) a lancé ce fonds en décembre 2014 avec un positionnement spécifique sur les small et mid-caps européennes.
Le FCP Pluvalca Biotech (20 millions d’euros d’encours et éligible au PEA) est géré par une équipe constituée d’un spécialiste de la biotech (ancien consultant, puis dirigeant et entrepreneur dans le domaine), Marc Le Bozec, et de deux analystes financiers, Louis Geslin et Sophie Boudeau. Le fonds a pour objectif d’accompagner la croissance du secteur des biotechnologies, qui se dessine comme l’un des grands enjeux industriels du XXIe siècle.
« En Europe, nous n’en sommes qu’aux premières heures de l’industrialisation qui voit émerger des champions internationaux dans une industrie dominée à ce jour par les groupes américains, assure Marc Le Bozec. Nous voyons donc un triple mouvement s’amorcer en Europe : l’arrivée à maturité de l’industrie européenne en rattrapage des Etats-Unis, la réduction des écarts de valorisation entre l’Europe et les Etats-Unis, et la volonté affichée des dirigeants de biotechs européennes de développer leurs entreprises à l’égal de leurs concurrents américains, les amenant à lever des fonds aux Etats-Unis et à pousser plus loin le développement de leurs produits. »
Le fonds est pour plus de la moitié investi dans des titres français et très concentré autour de trente-quatre valeurs (au 30 septembre dernier), les dix premières lignes représentant plus de la moitié de l’actif du fonds.
Parmi les autres fonds biotechs présents sur le marché se trouvent BSO Bio Santé, Franklin Biotechnology Discovery ou encore Pictet Biotech.
 
Développement durable sur la chaîne alimentaire
En matière de développement durable, aussi bien au niveau environnemental que sur le plan humain, diverses stratégies ont été mises en place. Parmi eux, BNP Paribas IP propose également Parvest Smart Food, un fonds actions monde créé en avril 2015 sur la thématique du respect de l’environnement sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’alimentation. « Ici, nous investissons sur des sociétés maîtrisant ou réduisant leur impact environnemental. Cela concerne les machines agricoles, l’optimisation de l’irrigation
des terres, les engrais naturels, le recyclage, le gaspillage alimentaire ou encore la sécurité des aliments », énumère Béatrice Verger.
Concentré autour de quarante à cinquante valeurs, ce fonds fait actuellement l’objet d’un référencement sur les plates-formes CGPI.
 
Multithématiques « durables »
De son côté, Ecofi Investissement propose un fonds très large, avec Ecofi Enjeux Futurs. « Il s’agit d’un fonds actions internationales basé sur les moteurs de croissance durable pour au moins la prochaine décennie », précise Olivier Plaisant, directeur de la gestion. Parmi les moteurs identifiés nous trouvons les enjeux démographiques, avec le dynamisme dans les pays émergents et le vieillissement de la population dans les marchés développés ; l’accroissement du niveau de vie des pays du Sud et l’éducation ; et la gestion des ressources de la planète : la surconsommation des ressources naturelles et la nécessité de développer des villes propres.
Ces trois moteurs alimentent six thématiques : trois de nature industrielle à plus fort bêta et trois plus défensives.
« Cela permet à l’équipe de gestion de piloter le risque du fonds en fonction de nos anticipations du cycle économique et de la configuration de marché, sans dénaturer l’ADN du fonds », souligne Olivier Plaisant.
Parmi les thématiques offensives, nous trouvons l’efficience énergétique : smart grid (réseau de distribution d’électricité dit intelligent), l’éclairage à faible consommation, l’écoconstruction, les équipementiers automobiles…
Bref, les domaines sobres sur le plan énergétique, mais aussi les énergies renouvelables (solaire, éolien), et le traitement de l’eau et des déchets.
Du côté des thématiques défensives, plus orientées vers l’homme, se trouvent la santé (les laboratoires pharmaceutiques, la distribution pharmaceutique, le matériel médical les sociétés de prévoyance…), les services à la personne et l’éducation (maisons de retraite, sociétés d’édition, universités privées, entre autres…), le testing, l’inspection et la certification qui répondent, notamment, à des enjeux sanitaires et de fiabilisation.
« L’intérêt de ce fonds est qu’il permet également de ne pas être lié à un seul secteur et de réduire la voilure lorsque certains thèmes sont bien valorisés ou, à l’inverse, de surpondérer des secteurs lorsque des opportunités sont détectées. L’aspect international du fonds permet également de piloter le risque par le biais de l’allocation géographique », suggère Olivier Plaisant. Actuellement, le fonds est majoritairement positionné sur l’Europe, à 60 %, car le marché US est jugé bien valorisé et le marché européen dispose d’un potentiel de rendement annoncé plus attractif.
Côté secteurs, l’efficience énergétique est la plus représentée (45 % : Schneider, Saint-Gobain, Toyota, Michelin…), devant la santé (25 %, avec une préférence aujourd’hui pour le matériel médical par rapport aux grands laboratoires pharmaceutiques). Notons que ce fonds fait également l’objet d’un engagement ISR et bénéficie d’une empreinte carbone inférieure au MSCI World.
 
L’or gris, une thématique mondiale
Sujet mondial incontournable, le vieillissement de la population est également une thématique exploitée par les gérants de fonds.
Parmi les sociétés de gestion disposant d’un fonds dédié à l’or gris se trouve  CPR AM qui propose, à la fois, un fonds sur les valeurs liées au vieillissement investi en Europe, CPR Silver Age lancé en 2009, et un autre investi sur le plan mondial, CPR Global Silver Age lancé en 2014. Thomas Page-Lecuyer, stratégiste, expose que « le vieillissement de la population est une tendance qui résulte de la somme de deux facteurs : d’une part, la baisse du taux de fertilité mondiale à de 5 à 2,5 enfants par femme en un demi-siècle, et, d’autre part, l’augmentation de l’espérance de vie grâce à la recherche médicale et à la chute du taux de mortalité infantile. Et ce phénomène entraînera à terme une baisse de la population mondiale avec, selon les projections, une croissance du nombre d’habitants de 7 milliards aujourd’hui à 11 milliards, d’ici la fin du siècle, puis un retour à 7 milliards en 2150. »
Et la population des pays développés – en particulier le Japon et l’Allemagne – a d’abord été concernée avec une baisse du taux de fertilité dans les années 1970-1980 ; les pays émergents sont également impactés, en particulier la Chine qui va subir un vieillissement rapide de sa population. Aujourd’hui, la population mondiale vieillit rapidement, avec 900 millions de personnes ayant plus de soixante ans, un chiffre qui va passer à 2,1 milliards, d’ici 2050.
Sur cette thématique, CPR gère un encours global de 1,6 milliard d’euros. L’équipe de gestion a ciblé huit secteurs, lesquels ont été répartis en deux tranches : ceux qui concernent les seniors actifs (de 65 à 80 ans) et ceux relatifs aux seniors dépendants (+ 80 ans).
Du côté des retraités actifs, nous trouvons les secteurs du loisir (médias, jardinage, tourisme), du bien-être (produits cosmétiques et d’hygiène), de l’épargne financière et l’assurance-vie, et l’automobile – en effet, l’âge moyen des clients des constructeurs automobiles est d’environ cinquante-soixante ans.
Du côté des retraités dépendants, nous avons les maisons de retraite et l’activité de soin à domicile, la sécurité de la personne (systèmes d’alarme, protection alimentaire), les équipements de santé (dentaire, audition, optique) et la pharmacie.
Deux de ces secteurs sont communs aux deux populations de seniors visées : les équipements de santé et la pharmacie.
« L’allongement de l’espérance de vie s’accompagne d’une amélioration de la santé, ce qui permet des dépenses croissantes dans les domaines des loisirs, du voyage et du bien-être, affirme Florian Peudevin, gérant actions thématiques. Ce phénomène implique également une concentration de l’épargne, puisque ces ménages sont au pic de leur patrimoine, d’où l’intégration aux fonds des secteurs de l’épargne. Enfin, nous recherchons également des sociétés qui souhaitent capter ce marché comme un relais de croissance. »
Pour intégrer le fonds, les sociétés doivent réaliser au moins 15 % de leur chiffre d’affaires dans la thématique du vieillissement (six cents valeurs éligibles au niveau mondial, aussi bien des cycliques que des défensives). Florian Peudevin poursuit : « Ces valeurs ont une croissance bénéficiaire qui est supérieure à la moyenne : 7 %, contre environ 6 % pour le MSCI World. Elles ont, par ailleurs, un coût d’accès au capital inférieur à celui du marché et présentent un risque inférieur également avec des prévisions de croissance plus résilientes que la moyenne. Globalement, elles offrent un potentiel accru de performance. »
Pour constituer le portefeuille, l’équipe de gestion sur ou sous-pondère les secteurs en fonction de leurs caractéristiques propres et selon le cycle boursier, puis s’attarde sur les dynamiques spécifiques de chaque titre, ainsi que sur leur valorisation. Chaque secteur ne peut représenter plus de 30 % du portefeuille et une ligne ne peut excéder 2,5 %.
 
L’humain au cœur de la stratégie
Plus large que le fonds Silver Age de CPR AM, BNP Paribas Développement Humain qui s’intéresse aux enjeux sociaux sur les dix, vingt, trente prochaines années : l’augmentation de la population mondiale, le vieillissement de la population, et l’urbanisation constante.
Ici aussi, pour intégrer le portefeuille, les sociétés doivent réaliser au moins 20 % de leur chiffre d’affaires dans l’un de ces domaines : l’accès à l’alimentation, la santé, le vieillissement, l’immobilier responsable, les transports propres, l’éducation, l’assurance…
Ce fonds est, quant à lui, investi sur des valeurs européennes et donc PEAble. Au total, l’univers d’investissement est restreint à cent-cinquante valeurs, et le filtre ESG appliqué élimine les 10 % de sociétés les moins bien notées. Ce fonds vient de fêter ses cinq ans et est géré depuis Paris. Parmi les secteurs les plus représentés se trouvent la santé (30 %) et la consommation courante (20 %).
 
Quand le bien-être au travail rime avec la performance
Toujours sur la thématique de l’humain, Sycomore propose le fonds Sycomore Happy@Work (cf. Investissement Conseils n° 791, mai 2016, pages 24 et 25). Sa philosophie repose sur la conviction que le bien-être au travail des collaborateurs est un élément central de performance. Différentes données justifient ce positionnement : selon un sondage Ipsos de 2010, 42 % des salariés estiment que leur mal-être affecte leur performance ; le désengagement des employés représente un coût de plus de 450 Md$ par an, soit 409,790 Md€, à l’industrie américaine (Galup 2013). Ainsi, le bien-être au travail suppose moins d’absentéisme, plus de productivité, moins d’accidents au travail, moins de turnover et plus de croissance.
Dans ce fonds, l’analyse du management est donc fondamentale, et les gérants explorent cinq piliers que sont l’équité (association aux résultats, écarts salariaux…), l’autonomie des salariés (responsabilisation et efficacité), le sens (culture d’entreprise, mission…), le développement personnel (formation, promotion…), et le relationnel (climat social, turnover…). Cette méthodologie induit donc de nombreuses visites sur site et des enquêtes avec l’ensemble des parties prenantes, et une collaboration avec des acteurs spécialisés dans le bien-être au travail. Bien sûr, l’équipe de gestion s’appuie également sur les indicateurs classiques de performance des entreprises, via un modèle d’analyse interne comprenant également des données liées au capital humain.
Le portefeuille géré par Cyril Charlot et Bertille Knuckey se veut diversifié sur le plan sectoriel, avec cinquante-huit valeurs en portefeuille. 
 
Dédié aux entreprises disruptives
Du côté des innovations technologiques, La Financière Arbevel propose Pluvalca Disruptive Opportunities, un fonds de stock-picking éligible au PEA très diversifié sur le plan sectoriel. Il est investi essentiellement en valeurs européennes agissant directement dans les secteurs technologiques au sens large : l’informatique et le Big Data, l’impression 3D, la robotique, la biotechnologie, les FinTech et MedTech, ainsi que tout autre secteur pouvant profiter de tendances de croissances structurelles soutenues par les innovations technologiques. Ce fonds se positionne, à la fois, sur les sociétés innovantes en forte croissance, les valeurs traditionnelles bénéficiant indirectement de cette croissance structurelle, et les sociétés ayant anticipé les points de rupture dans l’adoption de certaines technologies.
L’équipe de gestion s’attache particulièrement à la qualité du management et peut également tirer parti des opérations de M&A, comme ce fut le cas depuis son lancement, avec déjà six OPA à son actif au sein du portefeuille. Le fonds est assez diversifié avec soixante lignes en portefeuille (au 30 septembre dernier), les dix premières jouant pour près de 30 % de l’actif du fonds.
 
Miser sur l’avènement de la robotisation
Le dernier-né des mega-trends identifiés par Pictet AM (cf. Investissement Conseils n° 794, septembre 2016, pages 22 et 23) repose sur la robotique, avec la création de Pictet Robotics, un fonds actions internationales de stock-picking. Hervé Thiard, directeur général de Pictet AM France, démontre que « la robotique s’appuie sur plusieurs tendances lourdes, je citerai en premier lieu la diminution constante de la population active dans les pays développés et émergents, comme le Japon, l’Allemagne ou la Chine. Il est donc nécessaire d’accroître la productivité, soit en travaillant plus, soit via l’automatisation des process. Par ailleurs, le vieillissement de la population nécessite des équipements pour accompagner ces personnes dans leur quotidien. La thématique répond également à la nécessité d’un développement durable, notamment en réduisant les distances entre les sites de production et les consommateurs, ce qui se traduit par la réindustrialisation des pays concernés, via la robotisation des chaînes de production. On s’oriente donc vers des productions plus intelligentes, plus locales et plus économes. »
Aussi, la robotique s’est considérablement développée. Elle permet de s’adapter aux consommateurs selon sa région ou son style de vie, les changements de paramètre sont plus simples et plus rapides et on peut produire jour et nuit. Robotisation n’étant pas synonyme de standardisation, bien au contraire !
L’explosion de la connaissance a permis le développement de la robotique. Les progrès techniques, via Internet et le Big Data, ont également rendu ses robots plus efficaces et moins onéreux, et les prix devraient encore baisser. « Nous sommes passés de robots de simple manipulation à des robots intelligents qui savent travailler ensemble et accumuler les données, grâce à la data, poursuit Hervé Thiard. Les progrès réalisés permettent donc de fabriquer des biens de meilleure qualité, de raccourcir les délais et d’optimiser les stocks, et même dans certains cas de fabriquer directement chez le client avec l’impression 3D. Toutes les entreprises sont concernées et tous les secteurs : la production, la logistique (Amazon), l’agriculture, la médecine, les jeux vidéo ou encore les services à la personne. Le champ est large. Les revenus générés chaque année par la robotique stricto sensu devraient progresser en moyenne de
+ 36 % par an pour atteindre un niveau de 151 milliards de dollars en 2020 (137,511 Md€, ndlr). Nous n’en sommes qu’au début… »
Si le taux d’utilisation des robots est élevé dans certains pays, en particulier au Japon et en Corée, le potentiel est énorme en Europe et aux Etats-Unis.
Le fonds s’intéresse donc aux sociétés développant ses robots ou faisant partie du processus de leur conception, comme
les entreprises créant les fluides permettant de construire les objets réalisés par une imprimante 3D ou les logiciels.
« La thématique offre un potentiel de croissance attractif, affirme Hervé Thiard. Par exemple, pour notre portefeuille, à fin septembre, le potentiel de croissance des bénéfices était de + 12,7 %, contre + 10,2 % pour le MSCI World. Aussi, ces entreprises sont légèrement plus chères, avec un PE de 18,3, contre 16 pour l’indice. Mais lorsque l’on croise ce prix par rapport à la croissance attendue, les sociétés de notre portefeuille sont finalement moins chères. Dans leur comportement, elles sont également plus dynamiques dans les phases de hausse, avec une volatilité quatre points supérieure à l’indice (20 %). »
Le fonds est investi aussi bien dans des large caps (55 %) que dans des mid-caps, avec des sociétés principalement issus du domaine de l’IT (à 58 %), et sans biais pays.
Pour intégrer le portefeuille, ces valeurs doivent être liées à la thématique pour au moins 20 % de leur chiffre d’affaires. Après avoir été lancé le 7 octobre 2015, le fonds dispose déjà de 1,2 milliard d’euros d’encours.
 
Affaires de familles
Bien différent, le thème des sociétés dites familiales représente également un certain intérêt pour les investisseurs.
En effet, ces sociétés sont jugées plus résilientes dans les périodes de crise, avec la volonté de préserver et transmettre le patrimoine aux générations futures. Cela se traduit donc par un état d’esprit différent qui ne conduit pas leurs dirigeants à maximiser son dividende, son résultat net ou son cours de Bourse, mais de pérenniser plutôt l’entreprise sur le long terme. Ces sociétés sont également généralement moins endettées, plus innovantes et ont un taux de turnover moins important. Dans ce domaine, Flornoy & Associés Gestion propose le fonds Flornoy Valeurs Familiales, géré par Olivier Flornoy. « Nous disposons d’une définition très large des valeurs familiales, relève ce dernier, il s’agit selon nous des sociétés dont la ou les familles dirigeantes ont au moins la capacité de nommer ou révoquer le dirigeant en place. Cela représente environ la moitié des valeurs européennes cotées, surtout des mid-caps, puisque seul un tiers de l’Eurostoxx 600 est éligible au fonds. » Flornoy Valeurs Familiales est principalement investi en large et mid-caps européennes, le tout dans un objectif patrimonial avec une priorité donnée aux sociétés présentant une certaine récurrence des résultats.
Le portefeuille est très diversifié, puisqu’une large cap ne représente que 3 % du portefeuille maximum, 2 % pour une mid-cap et 1 % pour une small cap. « Notre fonds comprend beaucoup de leaders mondiaux, comme LVMH, L’Oréal, Dassault Système, par exemple, et de larges capitalisations, comme Lafarge ou Carrefour. Notre volonté est également d’être contrariant, et toujours avec la volonté de nous libérer de toute contrainte indicielle. »
❚ Benoît Descamps


MAJ le 27/04/2017