Fiscalité des successions et des donations
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Réduire l’exposition actions d’un PEA



Pour faire face aux fluctuations des marchés actions, des solutions flexibles, moins volatiles, voire de performance absolue, peuvent être conseillées aux épargnants. Présentation d’une sélection de différentes stratégies éligibles au plan d’épargne en actions.

Pour être éligible au PEA et bénéficier de ses avantages fiscaux, un OPCVM doit être investi à hauteur d’au moins 75 % en actions. Néanmoins, par le biais d’instruments de couvertures, mais aussi via l’incorporation de fonds monétaires éligibles au PEA, l’exposition aux actifs risqués peut largement être réduite.
Dès lors, diverses stratégies sont mises en place pour permettre aux investisseurs d’intégrer dans leurs portefeuilles des solutions plus « patrimoniales » ou moins agressives. Notons également que certaines gestions n’hésitent pas à intégrer, dans le quota des 25 % pouvant ne pas être investi en actions, d’autres classes d’actifs, en particulier des produits obligataires.
Voici quelques solutions d’investissement permettant de réduire son niveau d’exposition.

Associer stock-picking et couvertures
Chez Montpensier Finance est proposé BBM-V Flex, un fonds basé sur le stock-picking de Best Business Models et auquel CBT Gestion est associé en tant que conseil afin de fixer le degré d’exposition du fonds aux marchés actions. « Nous sommes conseil, ce n’est pas nous qui réalisons la couverture, rappelle Christian Bito, président-directeur général de CBT Gestion. La gestion de Montpensier est mieux placée que nous pour calculer le Bêta du portefeuille. »
L’objectif du fonds, dont l’exposition aux marchés peut varier de 0 à 100 %, est de limiter la volatilité entre 10 et 15 %. Au 12 septembre dernier, l’exposition s’élevait à 55 %. « Naturellement, le stock-picking de Montpensier conduit à une volatilité inférieure à celle du marché, car les titres sont choisis, notamment, en fonction de leur cycle de croissance. »

Réduire l’exposition du fonds lorsque la volatilité s’emballe
Par ailleurs, CBT Gestion dispose du fonds CBT Action Euro Vol 20, un véhicule d’investissement en actions dynamique également éligible au PEA, dont l’exposition peut varier entre 60 et 100 %. Géré en multigestion, il est pleinement investi actuellement, puisque sa limite de volatilité est fixée à 20 % maximum. Pour déterminer son niveau d’exposition, l’équipe de gestion sur la volatilité anticipée surveille les marchés à terme d’indice de volatilité, en particulier le Vixx et le VStock.
« Ce seuil de 20 % est assez haut au regard du contexte de marché actuel, où l’abondance de liquidités joue un rôle d’amortisseur ; mais historiquement, la volatilité est plus élevée, note Christian Bito. Surtout, cette limite de volatilité permet de protéger rapidement le portefeuille en cas de fortes secousses, comme en 2011, 2013 ou en ce début d’année. »
Actuellement, CBT Action Euro Vol 20 est notamment investi sur 20 à 30 % de fonds sur les petites et moyennes capitalisations, et sur
10 à 20 % de fonds indiciels qui permettent de réduire la voilure en cas de besoin… La sélection des gérants répond à un process à la fois quantitatif et qualitatif.

Un fonds concentré et opportuniste
Sycomore AM propose le fonds Sycomore Partners, dont l’objectif initial était d’investir l’argent de ses fondateurs. Sycomore Partners est un fonds concentré autour de 25 à 35 titres, dont l’exposition peut, en théorie, varier de 0 à 100 % (entre 20 et 90 % dans les faits). Ce choix de valeurs restreint – aussi bien des large caps que des mid-caps – résulte de la méthodologie appliquée.
« Pour intégrer le portefeuille, un titre doit être décoté d’au moins 50 % par rapport à notre objectif de cours. Il doit s’agir d’une société de qualité, pas trop cyclique, avec un modèle visible et disposant d’un fort pricing power. Clairement, l’approche du fonds se veut patrimoniale et n’hésite pas à se montrer contrariante. » Parmi les valeurs actuellement en portefeuille se trouvent, par exemple, Mediawan, Tecnicas Reunidas, Elior, Sanofi ou encore Maison du Monde.
Pour faire varier l’exposition du portefeuille, l’équipe de gestion se positionne en cash, via des fonds PEA monétaires, et n’utilise donc aucun produit dérivé. En cycle de marché normal, cette exposition varie essentiellement en fonction de la présence ou non d’idées de stock-picking, avec peu de recours à l’analyse macro. Néanmoins, l’équipe de gestion peut se prémunir de certains risques, comme dernièrement lors du Brexit.
« A la veille du vote, l’exposition avait été réduite de 30 %. A l’inverse, dans les creux de marchés, nous sommes capables de saisir les opportunités d’investissement lorsqu’elles se présentent. » Au 12 septembre dernier, le fonds était exposé à hauteur de 33 %. « Selon nous, le marché se montre actuellement relativement indifférent aux risques potentiels, qui sont pourtant nombreux (bulle sur les taux, politique de la Fed, incertitudes économiques et géopolitiques). Dans ce contexte, nous préférons rester prudents, d’autant que nous sommes convaincus que la volatilité va demeurer élevée. »

Issu d’un spécialiste de la gestion flexible
Depuis le 31 décembre 2008, Dorval Asset Management propose le fonds Dorval Convictions PEA (66 millions d’euros d’encours), un fonds pouvant être exposé entre 0 et 100 % aux marchés actions européens.
Aujourd’hui, Dorval Asset Management est investi en titres vifs, à hauteur de 73 %, sur des thèmes identifiés comme porteurs : la numérisation de l’économie, l’automobile ou encore la construction, tout en privilégiant des valeurs moyennes pour leur capacité à croître plus rapidement. Louis Bert, directeur général délégué en charge des gestions, signale qu’« actuellement, notre vision de l’économie mondiale est positive car elle devrait connaître une croissance, certes modérée, mais en ligne avec sa tendance de long terme, d’environ 3 % en 2017. Ce niveau reste suffisant pour permettre aux stock-pickers actions de tirer leur épingle du jeu. De plus, le rendement des marchés actions est supérieur à 3,5 %. Il offre une certaine résilience par rapport au marché obligataire qui ne rapporte plus rien. Il semble que les nombreux doutes sur le secteur de l’énergie, la croissance en Chine, le cycle américain, les élections aux Etats-Unis, la politique de la Fed ou encore les conséquences du Brexit aient été surestimés. »
L’équipe de gestion fait varier son exposition aux marchés par l’utilisation de vente de Futures Euro Stoxx 50. Pour la partie du portefeuille non exposée aux actions, des obligations à duration courte (maximum douze mois) peuvent également être intégrées au portefeuille, afin de ne pas ajouter de risque de taux.

Au choix : stock-picking couvert ou long-short
Chez DNCA Investments, la gamme de fonds comprend deux solutions permettant de réduire l’exposition au marché actions d’un PEA.
Le plus ancien fonds, DNCA Evolutif PEA (100 millions d’euros d’encours) est le petit frère du fonds DNCA Evolutif (la stratégie représente 1,5 milliard d’euros de stock). Son exposition peut varier de 30 à 100 % aux marchés européens, selon le momentum de marché. Pour réduire son exposition, l’équipe de gestion utilise des instruments de couvertures ou des Sicav de trésorerie éligibles au PEA. « L’objectif du fonds est, selon le momentum et nos vues de marché, de capter deux tiers des hausses et n’être affectés que par un tiers des phases de baisse », analyse Augustin Picquendar, cogérant du fonds.
La poche actions du fonds est constituée aussi bien de valeurs growth que value et peut-être plus ou moins cyclique.
« Cette cyclicité des investissements est également un moyen de faire varier notre exposition et le Bêta du portefeuille », observe le cogérant. Une poche obligataire de 20 % maximum peut également être intégrée au portefeuille. « L’idée est ici de capter des écartements de spread de crédit, comme en 2008, 2009, 2011 ou 2012. Aujourd’hui, cette poche est inexistante. »
Actuellement, le fonds est exposé à hauteur de 62 % et comprend également une poche de 5 % d’obligations convertibles. « Des points d’entrée seront à saisir avec les mouvements de marché qui vont intervenir en octobre-novembre prochains en raison des élections américaines. Par ailleurs, nous sommes confiants quant à la reprise du cycle économique en Europe. » Dès lors, DNCA Evolutif PEA est investi sur des secteurs comme la construction (Rexel, Saint-Gobain…), les télécoms et la pharmacie, principalement sur des large caps.
Le second produit, DNCA Invest Velador, est, quant à lui, un fonds de performance absolue, dont l’objectif est de délivrer un rendement régulier avec une volatilité inférieure à 8 % par an. Toutefois, il ne s’agit pas d’un fonds market neutral, puisque son exposition nette peut varier de 0 à + 50 %.
Pour construire son portefeuille, l’équipe de gestion menée par Cyril Freu s’appuie sur l’analyse fondamentale des sociétés pour construire ses positions longues. Pour réaliser son objectif de performance absolue, elle a recours à des Futures sectoriels ou de marché.
Lancé le 18 mai 2015, ce fonds a réalisé pour sa première année une performance de 1,34 %, avec une volatilité de 4,65 %.

A la fois flexible et international
Depuis mai 2014, le plus dynamique des fonds de la gamme croissance CPR Asset Management est éligible au PEA « Cette évolution a permis une belle croissance des encours, notamment sur des PEA-assurances, puisque le fonds est passé en l’espace d’un an de 20 à près de 220 millions d’euros d’encours », se félicite Vincent Roynel, responsable commercial CGP.
Ce fonds offre une exposition aux marchés actions mondiaux qui peut varier entre 60 et 100 %. « L’univers international est souvent prépondérant, souligne Cyrille Geneslay, gérant du fonds. Cela permet une bonne diversification du PEA. »
A mi-septembre, le fonds était exposé à hauteur de 75 %, avec une poche dédiée aux actions américaines dominante
(40 %), devant les marchés européens (15 %), le Japon (10 %) et les marchés émergents (10 %). Des expositions prises par le biais d’ETFs éligibles au PEA.
« Le marché américain reste un marché résilient dans les périodes chahutées, justifie Cyrille Geneslay. Par ailleurs, la sensibilisation aux marchés émergents se fonde sur notre anticipation de non remontée rapide des taux par la Fed. Le marché européen reste notre marché domestique et le marché japonais apporte diversité et performance. » Pour mettre en place son portefeuille, la structure se base sur des scénarios de marchés fondés tant sur la macro que sur la micro et réalise des prévisions de performance sur quarante-trois classes d’actifs différentes et leurs corrélations. Ensuite, un modèle quantitatif permet de définir le niveau d’exposition du portefeuille, laquelle varie régulièrement avec une poche tactique et une poche longue.
« Aujourd’hui, notre scénario central de croissance molle reste majoritaire. De plus, deux scénarios de risque sont assez vifs : le premier consisterait en une mauvaise interprétation des décisions des banques centrales par les marchés ; le second est le risque politique d’une victoire de Donald Trump aux Etats-Unis qui dégraderait temporairement le contexte international. »
Une poche obligataire est également intégrée au portefeuille. Elle correspond actuellement à un degré d’investissement de 10 %.
Le reste du portefeuille est investi en fonds PEA monétaires.

Exposé jusqu’à 60 % maximum
Chez Mandarine Gestion est proposé le fonds Mandarine Reflex, créé en juin 2009, qui tire sa performance de deux sources complémentaires : l’expertise en gestion actions européennes des équipes de Mandarine et la variation de son exposition de 0 à 60 % selon les conditions de marché menée par l’équipe d’allocation d’actifs. Cette couverture est réalisée par le biais de Futures et d’options. « Pour déterminer notre niveau d’exposition, nous nous appuyons sur un process top-down passant en revue l’environnement macro, les valorisations…, explique Françoise Rochette, responsable de l’allocation d’actifs. Aujourd’hui, nous sommes prudents, puisque notre niveau d’exposition est de 25 % environ. En effet, le marché actions US incite à la prudence. Il est, selon nous, très bien valorisé, alors que la croissance des bénéfices est nulle, avec un cycle qui touche à sa fin et des marges qui baissent. De plus, les incertitudes sont importantes concernant une prochaine hausse des taux de la Fed, laquelle ferait augmenter le dollar. A l’inverse, l’Europe va mieux, avec une croissance plutôt bonne pour la zone euro et un crédit qui se diffuse bien. Toutefois, le sentiment des entreprises et des consommateurs s’est dégradé dernièrement, et le calendrier politique reste très chargé. »
Côté exposition, le fonds est davantage orienté sur des titres value, mais Françoise Rochette observe que « plusieurs valeurs se retrouvent dans les portefeuilles value et growth de la maison ». Ainsi, sept des dix premières lignes de Mandarine Reflex sont des positions communes aux deux styles de gestion.

Deux solutions purement quantitatives
Sur les actions européennes, THEAM propose deux fonds défensifs éligibles au PEA. Le premier, THEAM Quant-Equity Europe Income Defensive, compte 1,3 milliard d’euros d’encours, dont 680 millions collectés depuis début 2016. Il est géré de manière systématique et vise à délivrer un rendement de 5 à 6 % par an, tout en réduisant le risque actions de moitié. Le fonds cherche ainsi à diminuer de 50 % la volatilité et la perte maximale par rapport à un investissement actions traditionnel.
Le processus de gestion se décompose en trois étapes. Il s’agit, tout d’abord, de sélectionner des actions à haut rendement affichant un taux de rendement des dividendes élevés, entre 4 et 5 % en moyenne. « L’univers d’investissement est filtré afin de ne conserver que les actions les plus liquides. Aussi, les sociétés financières sont exclues de l’univers car le niveau de leur dividende est très fluctuant », explique Sébastien Denry, Investment Specialist sur les stratégies quantitatives actions. Ensuite, les valeurs au taux de rendement des dividendes situés au-dessus de la médiane sont conservées, et des filtres de visibilité et de stabilité du dividende sont appliqués pour juger de la qualité et de la pérennité de ce dernier. « Il s’agit, par exemple, d’étudier les prévisions des analystes à un et deux ans pour le critère de visibilité ou de vérifier si l’entreprise a versé un dividende les cinq années précédentes pour le critère de stabilité ». Un classement des sociétés est ensuite mis en place selon la somme du rendement du dividende et du rendement des flux de trésorerie. Ainsi, les vingt-cinq sociétés au rendement économique le plus élevé sont intégrées au portefeuille et conservées durant un an. Ce processus est réalisé chaque mois pour 1/12e du portefeuille. Le fonds peut donc compter en théorie entre 25 et 300 lignes (une soixantaine dans les faits). « Sur une longue période, de septembre 2010 à août 2016, la surperformance de cette stratégie actions à haut dividende est très importante : + 13,2 %, contre + 1,62 % pour l’Euro Stoxx 50. »
Puis, le second volet de la stratégie consiste à vendre des options d’achat (call) sur l’Euro Stoxx 50. Ainsi, chaque jour, une option d’achat à quinze jours ouvrés est vendue avec un prix d’exercice de 103 %, minimisant la probabilité d’exercice. « Vendre quotidiennement une option ayant pour nominal 1/15e de la taille du fonds permet de lisser le prix d’exercice et d’éviter ainsi le risque de timing ».
Enfin, pour limiter les baisses de marché, les gérants achètent une protection à la baisse à travers des options de vente (put) sur l’Euro Stoxx 50.
« Ici, les puts de maturité un an sont achetés chaque jour pour 1/250e de la moitié de l’encours du fonds, ce qui permet de réduire sensiblement la volatilité du produit. Au final, la stratégie remplit totalement ses objectifs : le rendement des dividendes a atteint 5,04 % en 2014 et 5,38 % l’an passé. Depuis son lancement en mai 2013, la volatilité annualisée du fonds s’élève à 10,83 % et la perte maximale à - 15,11 %, contre respectivement 20,73 % et - 28,37 % pour l’Euro Stoxx 50. A cela s’ajoute également une performance pure supérieure à l’indice de 5,64 %, contre 4,70 % », se félicite Sébastien Denry.
Le second fonds, BNP Paribas L1 Equity Europe Low Volatility, est basé sur l’anomalie de faible volatilité. « La théorie selon laquelle prendre plus de risque permet d’avoir une espérance de rendement plus importante ne s’applique pas à l’univers des actions. Au contraire ! Selon les travaux de Robert Haugen publiés en 1972, investir dans les actions les moins volatiles permet d’obtenir un couple rendement-risque plus intéressant. Cela s’explique par différents biais de comportement. Les investisseurs font preuve d’un excès de confiance dans leur capacité à anticiper les mouvements de marché et leurs opinions divergeront davantage si la stratégie mise en place par l’entreprise est peu convaincante. Cette incertitude entraîne une surévaluation des actions les plus volatiles, conduisant à des rendements plus faibles. D’autres exemples, tels que l’effet “ loterie ” qui consiste à sélectionner une action en raison d’un gain potentiel important sans tenir compte de la probabilité de réalisation de ce gain, expliquent pourquoi les investisseurs ont tendance à survaloriser les actions les plus volatiles et sous-valoriser les moins risquées. »
Le fonds BNP Paribas L1 Equity Europe Low Volatility met en place une stratégie quantitative afin d’exploiter de manière optimale cette anomalie de faible volatilité. Ainsi, le fonds sélectionne chaque mois les titres les moins volatils au sein de chacun des secteurs d’activité en Europe. Le nombre de contraintes est limité afin de tirer profit de manière efficace de la prime de faible volatilité.
Le fonds n’a donc aucune contrainte de Tracking-Error ou de Bêta. Le portefeuille est rebalancé tous les mois. Chaque secteur est pondéré en fonction de sa contribution au risque global, puis les actions au sein de chacun des secteurs sont équipondérées.
Au final, depuis la création du fonds en mars 2015, la volatilité du portefeuille s’élève à 19,22 %, contre
22,43 % pour le MSCI Europe, avec une perte maximale d’environ - 17 %, contre - 25 % pour l’indice. Enfin, le fonds surperforme son benchmark de 3,5 % (- 4,28 %, contre - 7,784 %).

Basé sur le comportement des investisseurs
Futur Asset Management, société de gestion entrepreneuriale agréée par l’AMF il y a un an, et spécialisée dans la finance comportementale et composée de cinq gérants, propose Futur Flexible PEA, un fonds actions européennes pouvant être exposé aux marchés actions entre - 20 et + 120 % (avec une exposition cible à 50 % à l’indice Cac 40).
Julien Nebenzahl, son président, avance que « dans le domaine de la finance comportementale largement étudié sur le plan académique, il existe deux sujets : l’individu et la foule. L’individu n’a pas un comportement toujours rationnel, qu’il soit un investisseur privé ou professionnel. Il existe donc des biais comportementaux liés à sa mémoire, de mimétisme ou encore à des pertes de contrôle émotionnelles. Notre organisation vise à gommer ces biais, notamment quand une décision d’investissement est prise, la position est ensuite suivie par un autre gérant. L’autre sujet, la foule, vise à diagnostiquer l’état d’un marché vis-à-vis de son économie (en expansion ou en récession). Il s’agit ici de déterminer si les investisseurs sont préparés ou non à un changement de tendance, bref d’observer la foule dans son rapport à la réalité cyclique. »
Le process de gestion vise donc à suivre et à détecter les tendances de marché. Parallèlement, l’équipe suit les grands indicateurs économiques et leur vitesse pour déterminer le momentum du cycle économique et des affaires.
Pour suivre les sentiments des investisseurs, le marché des options, la volatilité implicite ou encore l’analyse technique sont utilisés.
« Au premier trimestre, confie Julien Nebenzahl, notre vision était plutôt réservée. La tendance s’est ensuite inversée et notre taux d’exposition est monté à 50 %, avec notamment une exposition sur le secteur pétrolier. Jusqu’à trois jours avant le vote du Brexit, notre fonds est devenu plus agressif pour aller jusqu’à 75 %. L’achat de puts nous a permis d’amortir le choc, et nous sommes ensuite montés jusqu’à 100 %. Aujourd’hui, nous sommes exposés à hauteur de 90 %. Nous considérons, en effet, que le point bas du cycle US est derrière nous, avec des expositions significatives sur le pétrole toujours, mais aussi les bancaires, les utilities et quelques valeurs cycliques. »


MAJ le 14/02/2017