25
septembre 2020

Atteindre le milliard d'euros d'encours d'ici les cinq prochaines années

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Article paru dans le magazine n°: 832

Conseil en gestion de patrimoine depuis seize ans, Eric Bachmann a construit au fil des années Patrimum Groupe qui compte aujourd’hui quatorze associés et réalise 650 millions d’euros d’encours. Il revient sur son développement et nous dévoile ses ambitions pour l’après-crise du Coronavirus.

Investissement Conseils : Pourriez-vous nous présenter votre société, Patrimum Groupe ?

Eric Bachmann : Patrimum Groupe a été créé en 2004, et rassemble aujourd’hui quatorze structures de conseil en gestion de patrimoine pour autant d’associés et vingt-six collaborateurs (six personnes à l’ingénierie patrimoniale, service informatique, direction juridique et réglementaire, middle-office, direction financière et comptable), avec notre associé directeur du développement Didier Cauchy, basé à Lille. Si notre siège est situé à Toulouse, nous sommes présents à Lille, Paris, Strasbourg, Roanne, Clermont-Ferrand et Valence.

A fin 2019, nos encours s’élevaient à plus de 650 millions d’euros, soit un doublement de notre taille en trois ans, uniquement grâce à la recommandation, car nous n’avons réalisé qu’une seule opération de croissance externe, conclue récemment suite au rachat d’un cabinet à Issoire, près de Clermont-Ferrand, pour une trentaine de millions d’euros d’encours.

Environ quatre mille clients nous accordent leur confiance, les 10 % les plus importants représentant 60 % de notre stock. A 80 %, il s’agit de dirigeants d’entreprise que nous accompagnons systématiquement, en lien avec leurs autres conseils avocats, notaires et experts-comptables. A fin 2019, nous avons réalisé plus de 6,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont 20 % sont des honoraires de conseil (abonnement, audits, lettres de mission ponctuelles). Récemment, nous avons été sélectionnés par Bpifrance, parmi une quarantaine d’entreprises au niveau national, au sein de l’initiative Accélérateur de PME pour les deux prochaines années. Il s’agit d’un regroupement de dirigeants d’entreprise dont le but consiste à générer et à accélérer leurs croissances en favorisant leurs échanges, leurs partages de réflexions, avec une participation à des séminaires et des conférences. Par ce biais, nous avons également à notre disposition les services et moyens de Bpifrance pour déployer notre stratégie et favoriser notre développement.

Pourquoi filialisez-vous vos structures de conseil en gestion de patrimoine ?

E. B. Chaque consultant en gestion de patrimoine opère dans une structure propre, dans laquelle Patrimum Groupe détient 51 % du capital et lui-même 49 %. Il s’agit de créations pures, avec des talents que nous avons rencontrés durant notre parcours. La structure à Clermont-Ferrand a été acquise pour y installer deux associés natifs de la région. Il est, selon moi, nécessaire que chaque conseiller en gestion de patrimoine soit associé. En effet, la grande majorité de nos clients étant des chefs d’entreprise, il convient que le CGP face à lui discute d’égal à égal et qu’il soit responsable des conseils qu’il donne. Et pour être responsable, il faut être soi-même à son compte dans notre profession. En tant que CGP, nous avons une responsabilité énorme vis-à-vis de nos clients qui est d’essayer de maîtriser un avenir qui est par nature ne l’est pas.

Quelles actions avez-vous menées durant la crise du Covid-19 ?

E. B. Notre équipe informatique nous a permis de rapidement pouvoir tous travailler depuis notre domicile et répondre à nos clients qui n’ont d’ailleurs pas paniqué.

Nous avons fait des dons dans tous les hôpitaux proches de nos structures. En mai, nous avons établi un questionnaire à l’attention de l’ensemble de notre environnement, c’est-à-dire nos clients bien entendu, mais aussi nos partenaires-fournisseurs, nos salariés et nos associés.

En effet, nous sommes persuadés que notre environnement ne sera plus le même et que notre profession va évoluer. Ce questionnaire doit nous servir à bâtir l’avenir, d’en être acteur, en comprenant bien les attentes et sentiments de chacun. De toutes crises naissent des opportunités. A nous de les saisir dès aujourd’hui.

Ainsi, nos salariés ont été interrogés sur la mise en place du télétravail, les moyens et actions mis en place, le ressenti client…

En termes de produits avez-vous des thèmes de prédilections ?

E. B. Nous opérons sur l’ensemble des typologies de produits : assurance-vie, gestion de trésorerie d’entreprise, immobilier physique (en particulier la location meublée dans les domaines des Ehpad et des résidences étudiants), le Girardin industriel, le Private Equity, les produits structurés… Pour faire évoluer et confronter nos réflexions dans ces domaines, nous avons récemment créé le CIEA, comité indépendant d’évaluation de nos allocations, qui regroupe des professionnels de ces différents domaines. Il est composé de neuf personnalités indépendantes de notre société, qui nous apportent leur vision et nous alertent sur les risques naissants. Ce comité nous a permis, notamment, de faire évoluer notre démarche dans la conception de produits dédiés en renforçant le niveau de protection des solutions que nous conseillons à nos clients. Si les réunions sont prévues pour être au nombre de trois par an, nous pouvons nous réunir lorsque nous le jugeons nécessaire, comme cela était le cas récemment en pleine crise du Covid-19.

Vous disposez également d’une structure dédiée au conseil en art, Patrim’Art…

E. B. En effet, il s’agit d’un goût personnel. Depuis toujours, je suis passionné d’art. Pour les patrimoines d’une taille significative, il est très pertinent d’investir 2 à 3 % dans des oeuvres. Mais ce type d’investissement, par nature risqué quand il s’agit d’art contemporain – lequel cultive aussi le plus fort potentiel de valorisation -, nécessite avant tout qu’il soit réalisé avec plaisir.

Se faire plaisir diminue le risque car ce qui nous plaît attire également d’autres personnes. Avec le temps, j’ai développé une expérience et connais désormais assez bien le milieu des galeries.

Comptez-vous, à terme, créer votre propre société de gestion ?

E. B. En aucun cas, ce n’est pas notre objectif. Cela serait contraire à notre indépendance et à notre volonté d’être toujours objectifs dans les conseils que nous pouvons donner à nos clients.

Quel regard portez-vous sur vos relations avec vos partenaires-fournisseurs ?

E. B. Nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur des partenaires solides, avec qui nous avons pu bâtir une relation de confiance. C’est avec eux que nous souhaitons agir sur notre avenir et celui de nos clients.

Quels sont vos objectifs de développement pour les quelques années ?

E. B. A moyen/long terme, nous souhaitons accroître notre présence sur la France entière. Nous sommes notamment peu présents dans le Grand Ouest. Sur le plan chiffre, nous souhaiterions atteindre le milliard d’euros d’encours, d’ici cinq ans.

 

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