L'année décisive pour l'ESG

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Article paru dans le magazine n°: 831

Selon la dernière enquête analystes de Fidelity International, les enjeux liés à l’environnement, la société et la gouvernance (ESG) gagnent en importance depuis plusieurs années, mais elles deviennent incontournables aux feuilles de route des entreprises en 2020.

Plus de 90 % des analystes Fidelity déclarent que de nombreuses entreprises qu’ils couvrent, voire la totalité, portent une attention croissante aux sujets ESG en raison d’une sensibilité accrue face au changement climatique et aux réformes qui bouleversent leurs activités. Cette transformation s’observe dans la plupart des secteurs et dans toutes les régions, y compris là où, précédemment, l’attention accordée aux enjeux ESG n’était a priori pas une priorité.

Essor de l’ESG en Chine et aux Etats-Unis

S’il y a longtemps que les considérations ESG ont pris de l’ampleur en Europe, celles-ci gagnent à présent également du terrain dans des pays tels que la Chine, où 80 % des analystes déclarent que la prise en compte des questions liées à l’ESG se renforcera en 2020 dans plusieurs, voire toutes les entreprises dont ils assurent la couverture. Ils n’étaient que 63 % l’an dernier et à peine 33 % en 2018.

Même aux Etats-Unis, où Donald Trump a détricoté la réglementation environnementale et où la SEC veille à ce que les investisseurs ESG ne négligent pas leur obligation fiduciaire de maximiser la rentabilité, ces questions suscitent un intérêt croissant. L’investissement durable y fait d’ailleurs son grand retour après une année 2019 en demi-teinte : plus de 90 % de nos analystes sur les Etats-Unis et le Canada évoquent une hausse de l’attention portée à l’ESG.

La même tendance se dessine en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique latine.

Des réformes au sein des entreprises font pencher la balance au Japon

L’Europe et le Japon sont les plus avancés sur ces sujets. Sur le Vieux Continent, 100 % des analystes constatent que plusieurs, voire toutes les entreprises qu’ils couvrent, portent une attention accrue aux enjeux ESG, contre 92 % l’année dernière. C’est aussi le cas de 100 % (contre 79 % l’an passé) des analystes en charge du Japon, où les pouvoirs publics incitent les entreprises à simplifier leur actionnariat et à nommer plus d’administrateurs indépendants. De nombreux efforts ont très vite été déployés en matière de structure et de composition des conseils d’administration. Ainsi, 73 % des analystes sur les actions japonaises reconnaissent que ces réformes sur la gouvernance ont représenté une part importante des décisions d’entreprises, contre seulement 18 % environ l’an passé.

Rebond de l’intérêt pour l’ESG dans les secteurs de l’énergie et de l’industrie

L’ESG redevient une question importante dans les secteurs de l’énergie et l’industrie après avoir été reléguée au second plan en 2019 en raison de mauvaises performances financières. Les trois quarts des analystes spécialisés dans l’énergie (contre un tiers seulement l’an passé) déclarent que la plupart des entreprises dont ils assurent la couverture font plus d’efforts en termes d’ESG. Dans l’industrie, ce chiffre a presque triplé, passant de 16 % l’année dernière à 45 % en 2020. Une tendance similaire s’observe dans le domaine de la santé : parmi les analystes du secteur, 45 % jugent que les entreprises accordent plus d’attention aux questions ESG dans leur feuille de route 2020 (contre 29 % en 2019). Toutefois, le seul secteur qui se distingue réellement est celui des services aux collectivités, où l’attention portée à l’ESG ne cesse d’augmenter depuis trois ans.

Encore des retards dans la diversité au sein des conseils d’administration

L’année 2020 pourrait marquer un tournant an matière d’ESG. Parmi les thèmes sensibles abordés dans les conseils d’administration, la priorité sera d’abord donnée à l’hygiène et la sécurité, d’autant plus sur fond de crise sanitaire, aux émissions de carbone et au changement climatique, ainsi qu’à la gestion des déchets, à la protection des données, aux politiques de réinvestissement et à la rémunération des dirigeants.

Jenn-Hui Tan, responsable mondial de l’investissement durable chez Fidelity International Achevé de rédiger le 10 avril

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