Reprise économique : le compte à rebours est lancé

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Selon la dernière édition de notre étude Enquête Analystes 2021, l’optimisme des entreprises est aujourd’hui croissant.

Nos analystes s’attendent à une reprise économique en 2021, soutenue par les plans de relance monétaires et budgétaires, à condition que les variants du Coronavirus ne prolongent les mesures de confinement. 

La reprise pourrait se révéler très inégale selon les secteurs et les régions, ce qui laisse penser qu’un compte à rebours est lancé, tandis que les plus péna-lisés en 2020 pourraient être les grands bénéficiaires d’un rebond en 2021. Par ailleurs, les entreprises n’ont jamais été aussi nombreuses à envisager des projets liés aux enjeux ESG, sous l’effet de la réglementation et des priorités budgétaires des États. Ainsi, près de 25 % des entreprises devraient atteindre la neutralité carbone d’ici 2030. Explications.

-> Une reprise variable selon les régions et les secteurs

Dans l’ensemble, les dirigeants sont optimistes quant aux perspectives de leurs entreprises. Et ils ont de bonnes raisons de l’être. Les taux d’intérêt sont bas, les rendements réels sont négatifs et les politiques budgétaires assurent un solide soutien, ce qui laisse entrevoir un environnement propice à un rebond de la croissance mondiale en 2021 et au-delà.

Toutefois, le rythme de la reprise variera selon les pays et les secteurs, en fonction du déploiement des vaccins et de l’impact potentiel des nouveaux variants de Covid, un contexte à la fois source d’opportunités et de risques. La Chine, qui a été le pays « premier entré, premier sorti »de la pandémie en 2020, devrait conserver cet avantage en 2021. L’Europe et les Etats-Unis connaîtront un rebond économique progressif à mesure de la mise à disposition des vaccins et de la réouverture de leurs économies, avec une accélération potentielle au second semestre. Le bilan pour les différents secteurs est certes positif, mais plus nuancés. Les dirigeants des groupes énergétiques, qui ont été les grands « perdants »de la pandémie, sont beaucoup plus confiants qu’ils ne l’étaient en 2020, même après l’une des pires années jamais enregistrées par le secteur. Les dirigeants des entreprises du secteur de la consommation non cyclique sont également optimistes, mais à un degré moindre que les « gagnants »de la pandémie, comme peut l’être le secteur des technologies. Les secteurs exposés aux économies domestiques, qui ont le plus souffert des confinements, devraient être ceux qui bénéficieront le plus de la réouverture, alors que les secteurs exposés à l’économie mondiale, comme le transport aérien, mettront probablement plus de temps à se redresser. L’activité sera toutefois limitée afin de réduire les niveaux d’endettement dans les secteurs qui ont fortement emprunté en 2020 pour survivre. Fort heureusement, les coûts de financement devraient baisser (partout sauf en Chine) car de nombreuses banques centrales cherchent à maintenir des taux bas. Les levées de capitaux ne devraient pas poser de problème, même pour des secteurs tels que les services collectifs et les télécommunications, qui ont besoin de financer de vastes projets d’infrastructure. Les marchés actions et du crédit ont levé plus de 400 milliards de dollars rien qu’en janvier 2021, soit près du double de la moyenne habituelle sur le mois.

Le rythme de la reprise variera selon les pays et les secteurs, en fonction du déploiement des vaccins et de l’impact potentiel des nouveaux variants de Covid, un contexte à la fois source d’opportunités et de risques.

-> La politique budgétaire, un levier à un impact net positif

Dans certains pays, les dommages économiques seront plus longs à se résorber. Les gouvernements ont reconnu que des politiques de relance budgétaire et monétaire étaient nécessaires pour aider les entreprises. Les mesures de relance dans le monde devraient s’atténuer en 2021, en particulier dans les pays comme la Chine où la pandémie est relativement bien maîtrisée. Mais des mesures de soutien plus importantes pourraient être nécessaires pour certains secteurs comme la finance et l’hôtellerie dans les pays développés.

Les dépenses budgétaires devraient surtout profiter à des secteurs tels que les services collectifs et l’industrie, notamment en Amérique du Nord, tandis que l’augmentation de l’impôt sur les sociétés pourrait peser sur des secteurs comme la santé.

-> Les enjeux ESG reviennent sur le devant de la scène

L’orientation des politiques budgétaires en faveur du développement durable coïncide avec la priorité croissante accordée à ce sujet par les entreprises, qui touche tous les secteurs et toutes les régions et qui s’inscrit sur le long terme. Pour la première fois, plus de la moitié (54 %) de nos analystes indique que la majorité des entreprises qu’ils suivent abordent désormais régulièrement les questions ESG. En comparaison, la proportion était de 46 % en 2020 et de seulement 13 % en 2017. En outre, 25 % des entreprises couvertes par nos analystes devraient atteindre des émissions zéro nettes d’ici 2030.

-> Des réglementations qui soulagent le secteur de la technologie, mais pas celui de l’énergie

Les nouvelles réglementations applicables aux entreprises augmenteront à un rythme plus lent en 2021 qu’en 2020, à l’exception de celles en Chine. Les entreprises vont certainement accroître leurs investissements pour répondre au durSource:Enquête Analystes 2021 de cissement des règles liées aux émissions de carbone.

Les analystes du secteur des technologies, qui figurent parmi les plus optimistes, s’attendent à une diminution des nouvelles réglementations en 2021. Pourtant, le rôle des réseaux sociaux lors de l’élection présidentielle américaine et les velléités réglementaires vis-à-vis des plateformes en ligne ont été des sujets très en vue. Au contraire, le secteur de l’énergie est celui au risque réglementaire le plus élevé en 2021, notamment en ce qui concerne la réduction des émissions de carbone, avec un train de mesures législatives en cours.

Enfin, si un retour à une « vie normale »semble encore loin pour certains, des lueurs d’espoir apparaissent. Les vaccins sont le seul moyen de s’extraire de la pandémie, mais leur déploiement prend du temps et ils doivent pouvoir prévenir les nouveaux variants. Les progrès seront différents d’un pays à l’autre et la Chine devrait conserver une longueur d’avance. Lorsque les portes de l’économie se rouvriront enfin, nos analystes estiment que l’activité pourrait littéralement exploser, en particulier dans certains des secteurs les plus affectés. En 2021, les investisseurs devront être particulièrement attentifs aux nuances entre secteurs et régions.

 

 

 

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