17
octobre 2021

Fusion de gérants aux ex pertises complémentaires

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Après avoir intégré le groupe LFPI fin 2019, Amilton Asset Management vient de finaliser sa fusion avec Meeschaert Asset Management pour donner naissance à Meeschaert Amilton AM. Les deux acteurs aux compétences complémentaires forment un nouvel ensemble composé d’une cinquantaine de personnes et pesant 3,3 milliards d’euros d’encours.

Pour les CGP, la gamme de fonds accessibles va s’étendre aux fonds de Meeschaert et sera complétée de nouvelles solutions, notamment ISR et solidaires, sans oublier l’offre de gestion personnalisée. Entretien avec Dan Sayag, directeur général.

Investissement Conseils : Amilton AM et Meeschaert AM viennent de fusionner au sein du groupe LFPI. Pourquoi cette opération ?

Dan SayagDan Sayag : Il s’agit de la réunion de deux sociétés de gestion de portefeuille assez proches en termes d’actifs sous gestion et de nombre de collaborateurs, mais dont les expertises et les circuits de distribution sont complémentaires.

En effet, Meeschaert AM dispose d’un savoir-faire historique, certainement le plus ancien sur la Place de Paris, en matière d’investissement socialement responsable, avec un premier fonds, lancé en 1983, et une équipe dédiée de quatre personnes en interne. Du côté d’Amilton AM, les principales expertises se concentrent sur les petites et moyennes valeurs, la gestion diversifiée et la multigestion. Du côté commercial, Meeschaert AM dispose d’une base solide du côté des banques privées et des associations, notamment les congrégations religieuses, tandis qu’Amilton AM s’adresse principalement aux institutionnels et aux cabinets de conseils en gestion de patrimoine.

Que représente l’ensemble ?

Meeschaert Amilton AM représente 3,3 milliards d’euros d’encours et une cinquantaine de collaborateurs, dont vingt-trois analystes et gérants. La gamme se compose actuellement de vingtquatre fonds, auxquels s’ajoutent une soixantaine de fonds dédiés, un domaine sur lequel nous souhaitons conserver notre position de leader sur le marché des CGP. 40 % des encours reposent sur nos expertises actions, 40 % sur l’obligataire et 20 % sur la gestion diversifiée/multigestion.

Comment allez-vous faire évoluer cette gamme de fonds ?

Nous réfléchissons à quelques ajustements sur la gamme. De nouvelles solutions seront créées prochainement autour de nos expertises fortes, notamment dans le domaine du social, de la biodiversité et des Green Bonds. Des fonds solidaires vont être créés puisque nous allons demander une extension d’agrément pour investir dans des entreprises de l’économie sociale et solidaire. Nous disposons d’une carte à jouer dans ce domaine, alors que la gestion thématique prend de plus en plus d’ampleur dans les portefeuilles et que la loi Pacte obi ige au référencement de ce type de fonds dans les contrats d’assurance-vie et dans les PER. Cette activité viendra en complément des fonds de partage qui existent déjà dans la gamme et qui ont permis de reverser plus d’un million d’euros de dons, l’an passé. A moyen terme, nous pourrions créer des solutions de performance absolue gérées avec un prisme fort en matière d’ESG.

En matière d’ISR, quelles sont vos intentions ?

La prise en compte des facteurs ESG s’est rapidement imposée dans les gestions de Meeschaert depuis longtemps, et plus récemment chez Amilton. Si dans celle-ci aucun fonds n’était labellisé ISR, trois l’étaient chez Meeschaert pour 400 millions d’euros d’encours et d’autres sont en cours d’obtention du label. Notre volonté est de rendre ISR une grande partie de nos fonds et de nous appuyer sur l’expertise d’Aurélie Baudhuin, directeur général délégué en charge de la recherche ISR.

Ce travail d’intégration des critères ESG et de la méthodologie sur l’ensemble des fonds a d’ores et déjà commencé.

Quelle sera l’incidence de cette fusion pour les conseils en gestion de patrimoine ?

Nos partenaires vont continuer à bénéficier de notre offre en matière de gestion personnalisée et des fonds largement accessibles sur les plates-formes, notamment le fonds de petites et moyennes capitalisations européennes Amilton Premium Europe (FR0010687749), le fonds diversifié Amilton Solution (FROO11668730) et le fonds de foncières cotées Amilton Global Property (FROO 13528510).

Cette offre de véhicules dinvestissement va être renforcée par le référencement de fonds Meeschaert, en particulier MAM Transition Durable Actions (FR0000970949), pour agir en actions pour une transition durable et qui bénéficie d’un mécanisme de partage, MAM Entreprises Familiales (FR0000988933) dédié aux entreprises familiales cotées en France et en Europe, MAM Fluman Values (FR0000448987), un fonds à vocation sociale et qui vient en soutien à Epie Foundation, MAM Flexible Bonds ESG (FR0000971806), un produit obligataire diversifié en euro, et MAM Taux Variable ESG (FR0000971913) qui permet de se prémunir contre une hausse des taux.

Pourriez-vous nous présenter Amilton Global Property lancé récemment ?

Il s’agit d’un fonds dédié à l’immobilier coté qui investit dans un portefeuille concentré de foncières en suivant une approche « actif réel ». Il est exposé aux marchés américains et européens avec le conseil FLE, la société de gestion immobilière du groupe LFPI qui gère environ 3 milliards d’euros de biens immobiliers basés principalement en Europe, mais aussi en Amérique du Nord, et enregistre de belles performances.

Un mot sur votre offre en matière de gestion personnalisée ?

Nous constatons un retour en force de la demande de la part de nos partenaires conseillers en gestion de patrimoine pour les fonds sur mesure, notamment, car beaucoup ont été déçus des performances des fonds diversifiés. Notre solution leur offre de la transparence et un suivi plus fin de la gestion (en multigestion et/ou titres vifs et avec la possibilité d’utiliser des dérivés), laquelle est calibrée selon un cahier des charges établi en collaboration avec le CGP. Ce type de fonds peut être mis en place pour des cabinets seuls, des groupements ou des associations de cabinets, avec un objectif d’encours de 8 millions d’euros minimum pour que l’opération soit rentable pour chacune des parties.

Quelles sont vos ambitions ?

Elles sont fortes, puisque les deux sociétés de gestion sont en forte croissance, avec une hausse des encours sur les neuf premiers mois de l’année de plus de 233 millions d’euros. D’ici 2025, nous comptons atteindre les 5 milliards d’euros d’encours.

Si nous restons attentifs à des opportunités de croissance externe, nous souhaitons accélérer notre développement de manière organique avec le renforcement de notre équipe commerciale et en capitalisant sur l’intérêt grandissant qu’accordent les investisseurs pour l’investissement socialement responsable. Par ailleurs, des synergies au sein du groupe sont évidentes puisque LFPI dispose de sept bureaux en Europe, ce qui va nous permettre de distribuer nos solutions d’asset management financier au-delà de nos frontières.

Le groupe LFPI disposant d’autres activités, pourriez-vous être amené à élargir votre offre de solutions ouvertes à la clientèle des CGP ?

En effet, outre l’asset management, le groupe LFPI (14 milliards d’euros d’encours sous gestion au total) dispose d’expertises en immobilier. Private Equity, dette et banque privées. Nous travaillons actuellement à la conception de véhicules immobiliers et de capital-investissement pourlaclientèle retail. Ces solutions pourraient être proposées d’ici la fin de Tannée, voire au premier trimestre 2022.

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